Diplomatie n°45


Au titre des effets imprévus de la crise, la redistribution des rapports de forces entre anciens pays riches et anciens pays pauvres pointe sous chaque étude économique. La plus récente, rendue publique par l’OCDE le 16 juin 2010, précipite davantage l’heure du « grand basculement » de la richesse vers l’Asie. « En 2000, les 34 pays de l’OCDE produisaient 62 % des richesses. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’à 51 %. À l’horizon 2030, l’ensemble des pays émergents et en développement produiront 57 % de la richesse », indique Angel Gurria (1).
La promotion de ces anciens « pauvres » au palmarès des pays-phares de la richesse mondiale s’accompagne d’un lissage de leur dénomination (on ne parle plus de « Tiers Monde », bien trop péjoratif) et d’un brouillage de leur définition : peuvent-ils être à la fois en développement et plus riches que certains pays développés ? Voire plus puissants ? Ou du moins plus présents sur la scène mondiale ?
Ces nouvelles puissances, décomplexées de toute allégeance envers Washington pour peu que la critique d’un Occident impérialiste cimente leur opinion publique, portent désormais un regard alternatif sur les relations internationales.
Brésil, Chine, Inde, Afrique du Sud, Turquie plus récemment, Iran prochainement, peuvent arguer de ne plus avoir de leçons à recevoir d’un Occident qu’ils considèrent comme la source des faillites économiques (et morales) mondiales.
Les récentes crises qui ont ébranlé les économies des pays développés, ont ainsi transformé en profondeur les rapports de force entre anciennes et nouvelles puissances bien plus fortement que le firent les guerres du XXe siècle ou les bouleversements géopolitiques post-guerre froide. Ce numéro de Diplomatie s’inscrit dans cette perspective, en cherchant à apporter un regard neuf sur ces nouvelles puissances et sur les contours de leurs futures alliances géopolitiques.

(1) Secrétaire général de l’OCDE, voir www.oecd.org

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Dans vos kiosques le 31 juillet : Diplomatie hors-série n°13 Géopolitique et géostratégie des mers et des océans

Avec 71 % de sa surface recouverte par les océans, notre planète reste avant tout une mer parsemée d’îlots. Ces territoires, peuplés d’hommes organisés en nations, n’ont eu de cesse au cours des siècles de dominer les mers à la recherche de nouveaux espaces à conquérir, de nouvelles richesses à exploiter, de nouveaux peuples à dominer. Cette réalité recouvre cependant des situations variées, tant la géographie de chaque État conditionne le rapport spécifique qu’il entretient avec l’espace maritime. On dénombre ainsi 43 pays enclavés dans des espaces strictement terrestres, hors de portée de toute mer. De nombreux autres États ont par ailleurs un accès limité à la mer, accès qui souvent constitue un sujet de conflit territorial avec les États voisins. Trois ans après un premier numéro hors-série de Diplomatie consacré à la géopolitique et à la géostratégie des mers et des océans, nous avons choisi de revenir sur les nouveaux enjeux de cet espace atypique en lui consacrant de nouvelles analyses. Depuis la nouvelle place de l’Europe comme puissance navale avec l’opération Atalanta contre la piraterie maritime, jusqu’à la confrontation des puissances riveraines du Grand Nord dans la perspective d’une libération des glaces et d’un accès facilité aux hydrocarbures qu’il abrite, les mers et les océans demeurent plus que jamais un formidable catalyseur des rivalités entre États et le révélateur des ambitions géopolitiques que ces derniers nourrisse à l’échelle mondiale. La suite >

A paraître… Seapower. La puissance navale au 21e siècle

Joseph Henrotin
Bibliothèque stratégique, Economica, Paris, 2010.

Au long des siècles, la stratégie maritime des nations a toujours constitué un de leurs principaux facteurs de puissance, autant qu’elle constituait l’un des moyens d’expression de la puissance. Dans cet ouvrage à paraître, l’auteur nous livre une étude extrê¬mement complète en dressant la carte théorique des stratégies navales au 21e siècle.

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Le Bureau maritime international (IMB) est une division de la Chambre de commerce internationale. Sur son site, l’IMB a voulu offrir un service gratuit en temps réel permettant de déclarer ou de surveiller toutes les attaques de pirates de l’année en cours ou des années précédentes. Vous pourrez également y télécharger le rapport annuel 2009 de la piraterie maritime.

http://www.icc-ccs.org

Sur la toile…

L’Atlas des océans des Nations Unies est un système d’information conçu pour être utilisé par les décideurs qui ont besoin de se familiariser avec les questions maritimes et par les scientifiques, les étudiants et les gestionnaires des ressources qui ont besoin d’accès aux bases de données sous-jacentes.

http://www.oceansatlas.org