Diplomatie HS

Diplomatie hors-série n°13 Géopolitique et géostratégie des mers et des océans

Avec 71 % de sa surface recouverte par les océans, notre planète reste avant tout une mer parsemée d’îlots. Ces territoires, peuplés d’hommes organisés en nations, n’ont eu de cesse au cours des siècles de dominer les mers à la recherche de nouveaux espaces à conquérir, de nouvelles richesses à exploiter, de nouveaux peuples à dominer. Cette réalité recouvre cependant des situations variées, tant la géographie de chaque État conditionne le rapport spécifique qu’il entretient avec l’espace maritime. On dénombre ainsi 43 pays enclavés dans des espaces strictement terrestres, hors de portée de toute mer. De nombreux autres États ont par ailleurs un accès limité à la mer, accès qui souvent constitue un sujet de conflit territorial avec les États voisins. Trois ans après un premier numéro hors-série de Diplomatie consacré à la géopolitique et à la géostratégie des mers et des océans, nous avons choisi de revenir sur les nouveaux enjeux de cet espace atypique en lui consacrant de nouvelles analyses. Depuis la nouvelle place de l’Europe comme puissance navale avec l’opération Atalanta contre la piraterie maritime, jusqu’à la confrontation des puissances riveraines du Grand Nord dans la perspective d’une libération des glaces et d’un accès facilité aux hydrocarbures qu’il abrite, les mers et les océans demeurent plus que jamais un formidable catalyseur des rivalités entre États et le révélateur des ambitions géopolitiques que ces derniers nourrissent à l’échelle mondiale.

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Diplomatie hors-série n°12 Géopolitique de l’Afrique de l’Ouest

L’année 2010 marque le cinquantenaire de l’indépendance de 17 pays africains, dont 14 francophones. Cette décolonisation s’est opérée dans le calme, à la différence des répressions sanglantes qui écrasèrent les soulèvements nationalistes malgaches, algériens et indochinois dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant, curieusement, un sondage effectué en février dernier indiquait que 69 % des Français n’avaient pas entendu parler de ce cinquantenaire, en l’honneur duquel la France a convié les armées de ses 14 anciennes colonies à défiler sur les Champs-Élysées le 14 juillet prochain.
Ce n’est qu’en 1960, avec l’accession à l’indépendance de ces 17 pays d’Afrique, que les frontières furent définitivement tracées, avant d’être figées en 1963 par la fondation de l’Organisation de l’Union Africaine, laquelle affirmait leur intangibilité. Les fédérations de l’Afrique occidentale française (AOF) et de l’Afrique équatoriale française (AEF) ont alors disparu pour laisser place à de petits États correspondant aux différentes colonies (8 en AOF, 4 en AEF). Le Nigéria et le Congo belge, en revanche, furent maintenus et constituent aujourd’hui des États puissants (le Nigéria compte pour plus de 50 % dans le PIB de l’Afrique de l’Ouest). Les colonies allemandes du Togoland et du Kamerun furent partagées, entre Togo et Ghana pour la première, et entre la République du Cameroun et le Nigéria pour le Sud-Ouest de la seconde.

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Diplomatie hors-série n°11 Géopolitique mondiale de la drogue

 

Dans vos kiosques (codif. M 04553) et librairies à partir du 6 avril

 

Curieux objet géopolitique que celui des drogues. Ces substances initialement « naturelles », utilisées depuis des millénaires par les castes de chamanes, sorciers et autres guérisseurs, ont progressivement perdu leur usage premier au profit de puissants intérêts économiques et politiques. Au XIXe siècle, à l’ère de l’industrialisation et de la première mondialisation, les stupéfiants commencèrent ainsi à intégrer le champ diffus de l’économie internationale en offrant aux acteurs pharmaceutiques de l’époque la perspective d’énormes profits (au détriment la plupart du temps de la santé des patients et de la souveraineté d’un grand nombre de territoires). À cette époque, le laudanum et les autres drogues « licites » commercialisées par ceux qui préfiguraient les grands groupes pharmaceutiques d’aujourd’hui tuèrent en effet plus qu’ils ne soignèrent, rendant toxicomanes (à leur insu) des dizaines de milliers de patients. Ils firent en outre de nos lointaines colonies des terres de production intensive d’opiacés (Inde puis Chine) ou de cannabis (Maroc), la plupart toujours en activité.

La dynamique marchande – légale ou illicite – que les drogues ont générée depuis a finalement projeté ces substances dans la sphère de la géopolitique et des luttes d’influence entre puissances régionales et mondiales. C’est précisément cette dimension complexe des relations internationales que la rédaction de Diplomatie a tenté d’explorer dans ce numéro hors série, avec le précieux concours de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

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Diplomatie hors-série n°10 Atlas géostratégique 2010

Fort de son activité de conseil et d’expertise en prévision de crises et des conflits, le Centre d’Analyse et de Prévision des Risques Internationaux (CAPRI) a piloté la réalisation de cet Atlas géostratégique 2010 montrant les multiples facettes du monde.
Diplomatie propose ainsi plus de cent pages de cartes, graphiques et tableaux pour analyser sous un angle original les affaires stratégiques internationales. Parce qu’une vision simplificatrice du monde a conduit aux plus grandes catastrophes de l’Histoire, cet atlas présente les différentes conceptions que nourrissent les grands acteurs géopolitiques contemporains : diplomates et militaires, marchés économiques et financiers, ONG… Ce numéro hors série complète ainsi les deux atlas précédemment publiés. L’Atlas géostratégique 2008 (Diplomatie HS 03, octobre 2007) mettait en effet l’accent sur les conflits dans le monde. L’Atlas géostratégique 2009 (Diplomatie HS 07, décembre 2008) insistait quant à lui sur les questions économiques. Comme ce fut le cas dans les précédentes éditions, l’état des crises et conflits (1) ouvre cet atlas et permet à présent de suivre l’évolution sur trois ans des principales zones de crises et de conflits. La rédaction du magazine reste fidèle à son principe de publier autant que possible des sources de première main et de rechercher les données les plus récentes (2). Voici donc au final un outil de compréhension du monde que nous souhaitons utile à tous.
Notes :
(1) Selon la méthodologie de l’Heidelberger Institut für Internationale Konfliktforschung (HIIK) en Allemagne.
(2) Parmi nos partenaires scientifi ques, nous comptons cette année le Festival international de géographie et Worldmapper (premier prix 2009 de la Geographical association britannique). La suite >

Diplomatie hors-série n°9

« Oubliez tous ceux qui vous parlent d’un retour sur la Lune et vous poussent vers Mars, on ne peut vraiment pas se le permettre » (1). Deux ans après cette déclaration de celui qui allait devenir le quarante-quatrième président des États-Unis, les déclarations ambitieuses américaines, mais également européennes, en faveur de la conquête spatiale semblent se réduire encore, crise financière aidant. Cela signifie-t-il que l’humanité est définitivement clouée sur Terre ? Toute l’ambition de ce numéro hors série de Diplomatie est de montrer l’importance géopolitique et géostratégique de l’espace. Xavier Pasco (maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique) en donne un large aperçu, que complète l’analyse de Jacques Villain (historien de la conquête spatiale) ainsi que la présentation de l’épisode de la « guerre des étoiles » par Alain Dupas (spécialiste des stratégies et technologies spatiales). Ces analyses montrent clairement que l’aventure humaine dans l’espace est systématiquement liée à la guerre et à la diplomatie. Une puissance, grande ou moyenne, ne peut se permettre de nourrir une politique spatiale timide, comme l’indique Géraldine Naja-Corbin (responsable des Affaires institutionnelles et des Études stratégiques de l’ESA) pour l’Europe. Le réseau français de surveillance des objets spatiaux GRAVES, présenté par Thierry Michal (directeur du département Prospectives de l’ONERA) en est la démonstration. Reste que cette aventure présente des coûts très élevés, même pour des programmes déjà anciens comme ceux liés à la conquête de la Lune, comme l’indique Philippe Achilléas (spécialiste du droit de l’espace). Mazlan Othman (directrice du Bureau des affaires spatiales des Nations Unies) et François Xavier Deniau (représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations Unies) évoquent également le coût environnemental qui pèsera lourdement sur l’aventure spatiale, compte tenu du nombre de débris qui entourent la Terre. À défaut des États-Unis, il se trouvera forcément une puissance pour déclarer son intérêt pour l’aventure spatiale et pour ne pas lâcher le flambeau de la conquête, comme l’indique clairement Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie à Paris. L’année 2009 est certes une date anniversaire, mais risque surtout de marquer un tournant dans la liste des concurrents de la course à l’espace.

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Diplomatie hors-série n°08

Lors des récessions précédentes, le débat typique entre experts était de décider s’il s’agissait d’une récession en forme de V (c’est-à-dire dure mais courte) ou en U (c’est-à-dire moins grave mais longue). Aujourd’hui, l’économie est entrée dans une récession qui se décrirait en forme de L. Elle est tombée bien bas, et va probablement rester à cette place longtemps encore…(1) »

À l’heure où l’auteur de ce commentaire ( Joseph Stiglitz) s’apprête à remettre à Nicolas Sarkozy le rapport de la commission qu’il préside (2), l’édifice de nos certitudes – y compris sur ce qu’est ou non une crise – apparaît profondément ébranlé. Non seulement, la crise est mondiale et s’annonce durable, mais de plus, ses conséquences géopolitiques et géostratégiques n’ont pas encore été sérieusement évaluées. D’ores et déjà, les divergences entre l’Europe et les États- Unis s’organisent autour d’une campagne de désinformation particulièrement féroce visant à sauvegarder coûte que coûte son propre modèle économique après le G20. Tandis que l’Europe réduit le banc des accusés au monde de la finance, la presse et les experts américains prédisent le plus sombre des avenirs à une Europe « plombée par l’Est ». Les situations, certes particulièrement graves de la Hongrie ou de la Lettonie, conduiraient le vieux continent – selon les spécialistes d’outre-Atlantique – au bord du gouffre. Rappelons pourtant que l’ensemble des pays de l’Europe orientale nouvellement intégrés dans l’UE pèse moins de 10 % du PIB de l’UE alors que la Californie, durement frappée par la crise immobilière, génère à elle seule 14 % du PIB des USA…

L’ampleur de la crise économique conduira nécessairement à une profonde remise en cause des modèles financiers, monétaires et plus globalement sociétaux. En cela, se contenter, à partir d’un constat erroné et de comparaisons fallacieuses, de plans de relance au format américain (la planche à billets) ne fera que prolonger un système par essence défaillant qui a déjà conduit la France à s’endetter à hauteur de 22 000 euros par habitant (3)…

(1) Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Vanity Fair, octobre 2008.
(2) Commission de mesure de la performance économique et du progrès social.
(3) Marie Visot, « La dette française à près de 80 % du PIB fi n 2010 », Le Figaro.fr, 4 mars 2009.
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