Structuration de la puissance continentale : l’Afrique occidentale hors-jeu ?
Par Joseph Vincent Ntuda Ebodé, chef du Centre de Recherche d’Études Politiques et Stratégiques (CREPS), coordonnateur du Master en Stratégie, Défense, Sécurité, Gestion des Conflits et des Catastrophes, université de Yaoundé 2-Soa.
Depuis le début des années 1990, la plupart des spécialistes des géo-sciences politiques africaines appréhendent la course au leadership continental en termes bipolaires : un pôle autour du Nigéria-CEDEAO et un autre autour de l’Afrique du Sud-SADC.
Quatre raisons principales justifient cette classification : la posture géopolitique des deux pays ; l’affirmation ostensible de leurs ambitions au leadership continental ; le fait qu’ils apparaissent déjà comme des puissances incontestées de leurs sous-régions respectives et l’avantage comparatif qu’ils présentent par rapport aux autres éventuels prétendants.
En effet, les puissances d’Afrique de l’Est-IGAD (Kenya, Ouganda et Éthiopie essentiellement) ne manifestent pas particulièrement d’ambition au-delà de leur région et, le cas échéant, elles se trouveraient limitées par les moyens qu’une telle projection requiert. En ce qui concerne les puissances du Maghreb-UMA, non seulement le désert du Sahara constitue un obstacle naturel dissuasif pour des projections vers le Sud, mais, de plus, leur orientation vers l’Union européenne et le Moyen-Orient semble prendre le pas sur des ambitions affirmées à l’intérieur du continent. Quant à l’Afrique centrale-CEEAC, force est de reconnaître qu’elle ne dispose pas aujourd’hui d’une puissance dont la capacité d’influence ou de nuisance soit reconnue effective ; principalement en raison de l’effondrement de la RDC. Restent donc en lice l’Afrique du Sud et le Nigéria, qui jouissent d’un privilège de projection vis-à-vis des autres leaders sousrégionaux. En réalité, l’élargissement d’une zone d’influence suppose l’exercice effectif d’un leadership affirmé au sein d’une zone déjà identifiable et constituant le premier cercle de solidarité. De cela, et en dépit de la concurrence qui peut être observée dans chaque sous-région, le Nigéria et l’Afrique du Sud peuvent légitimement se prévaloir. Ainsi, le leadership du Nigéria en Afrique de l’Ouest peut être perceptible à travers une multitude d’actions : son rôle de figure de proue dans le processus d’intégration de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ; ses initiatives pour la consolidation de cette intégration ; la conduite des initiatives telles l’ECOMOG, voire la réalisation de nombreux investissements…
Quant à l’Afrique du Sud, sa prépondérance dans la sous-région d’Afrique australe est unanimement admise. Et même si certains adoptent une position moins triomphaliste, c’est moins pour remettre en cause l’effectivité d’une satellisation autour de l’Afrique du Sud, que pour mettre en garde contre l’illusion de faire passer la nouvelle Afrique du Sud pour une métropole de substitution, à même de compenser par des transferts de ressources, le déclin des investissements étrangers directs et le délabrement économique de nombre d’États du continent. Si cette remarque relativise donc la position de pivot de Pretoria, elle ne remet pas pour autant en cause son rôle de locomotive en Afrique australe.
Néanmoins, même si la domination de leur pôle respectif prédispose l’Afrique du Sud et le Nigéria à une compétition continentale aux enjeux multiples, une évaluation des stratégies mises en œuvre par l’une et l’autre, dans le registre du soft power, semble indiquer une avance consistante de l’Afrique du Sud.
Les enjeux d’une compétition au leadership continental
On peut d’abord évoquer des raisons économiques. Celles-ci se résument pour les deux pays en une conquête de marché, dans un continent doté de plus d’un milliard de consommateurs ; mais aussi à la volonté d’accroître leur potentiel en ressources naturelles exploitables et finalement, au souhait pour Abuja d’offrir une alternative à ses nombreux ressortissants qui ne parviennent pas à s’insérer dans le tissu économique à l’intérieur du pays et pour l’Afrique du Sud, à la volonté de créer des opportunités d’emploi, et par effet d’engrenage, favoriser l’émancipation économique et sociale des populations vulnérables majoritairement noires.
Sur le plan politique et diplomatique, le Nigéria voudrait affirmer la continuité historique des principes de sa politique étrangère, marquée d’un afro-centrisme. C’est dans cette perspective que les gouvernements successifs du Nigéria s’emploient à maintenir l’Afrique au coeur des préoccupations de leur politique étrangère, de sorte que la destinée de l’Afrique et celle du Nigéria, pour certains événements, se confondent.
Cette ambition du Nigéria témoigne non seulement de sa volonté de présider aux destinées d’une région où elle se considère comme le véritable parrain, mais aussi de sa conscience subjective et de sa conviction que cette mission est la sienne. Voilà d’ailleurspourquoi, dans le débat qui l’oppose à l’Afrique du Sud sur l’éventuel siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’un des arguments nigérians pour disqualifier son concurrent est que l’Afrique du Sud n’est pas un vrai pays africain.
Pour l’Afrique du Sud justement, c’est d’abord sa configuration topographique en forme d’entonnoir qui la pousse vers le haut du continent. Sa politique extérieure accorde ainsi une préférence à la recherche de la croissance, en vue de trouver des solutions à ses problèmes économiques et sociaux. Nelson Mandela ne déclarait-il pas en 1993 que la première motivation de la politique économique extérieure de l’ANC, était de placer l’Afrique du Sud sur la voie d’un développement économique rapide, de manière à relever trois défis importants : la lente croissance du pays, la pauvreté extrême des Noirs et les très fortes inégalités de niveaux de vie ? Pour y parvenir, le gouvernement sudafricain, de concert avec le secteur privé, s’engage dans un vaste programme de promotion des exportations, de manière à élargir le marché des investisseurs sud-africains dans le continent (1).
Mais, au-delà de cet enjeu économique, la projection sud-africaine se justifie également par des raisons de politique interne perceptibles à deux niveaux. Dans un premier temps, elles s’inscrivent dans la volonté de résorber les déséquilibres internes du pays en vue de la reprise par les Africains de leurs structures économiques et sociales. Ce volet intègre à la fois la question des écarts économiques entre Blancs et Noirs et celle de l’identité nationale sud-africaine. La politique d’accès préférentiel à l’emploi pour les Noirs, régie depuis 1998 par l’Employment Equity Act, se justifie dans ce cadre. La seconde signification de l’enjeu politique interne consiste à recourir aux expédients pour justifier et faire accepter les sacrifices quotidiens sud-africains en interne. Dans cette perspective, le discours de la renaissance africaine, porteur du projet de la vocation sud-africaine au leadership continental est instrumentalisé par les dirigeants comme un facteur de dédouanement devant une majorité noire impatiente de récolter les fruits du changement et une minorité blanche, inquiète de voir ses conditions de vie se dégrader (2).
Les stratégies respectives des deux protagonistes
En définitive, pour l’Afrique du Sud tout comme pour le Nigéria, l’enjeu de la dispute du leadership continental porte principalement sur l’élargissement des zones d’influence respectives en vue de la conquête du leadership continental. Quelles stratégies soft sont donc mises en place ?
• Les stratégies du Nigéria
Elles peuvent être observées au moins à trois niveaux. Sur le plan politique, sa stratégie consiste d’abord en la formulation de principes de politique étrangère qui placent le continent africain dans son ensemble au centre des préoccupations de sa politique étrangère. Sa stratégie se déploie aussi à travers la tactique du mimétisme linguistique dans lequel le pays est engagé depuis 1996, et qui consiste à adopter le français comme deuxième langue officielle du pays afin d’intégrer le caractère francophone de ses voisins. Sur le plan économique, le Nigéria cherche par des manœuvres diverses à monopoliser les investissements industriels afin de devenir le centre de regroupement et, partant, le tuteur des territoires plus déshérités qui l’entourent. Sur le plan institutionnel enfin, le pays cherche, autant que faire se peut, à investir de nouvelles organisations sous-régionales, pour éventuellement les instrumentaliser. C’est dans cette logique que le Nigéria, dont l’objectif semble être d’établir une zone d’influence allant de Lagos à Mombasa pour contrer l’Afrique du Sud, a (tout en entrant dans la Communauté des États sahélo-sahariens, la Cen-Sad ) investi les Commissions du bassin du lac Tchad et du golfe de Guinée. L’instrumentalisation de ces différents organismes lui permet d’étendre sa zone d’influence, comme vont l’illustrer, en plus du différend maritime sur Bakassi, celui sur la localité de Darak au pourtour du lac Tchad et surtout, celui portant sur l’orientation institutionnelle de la Commission du golfe de Guinée, toujours avec son voisin oriental : le Cameroun. La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) créée le 27 mai 1964 à Fort Lamy, siège au Tchad. Elle comprend les cinq pays que sont le Cameroun, la République centrafricaine, le Nigéria, le Niger et le Tchad, avec pour mission principale l’aménagement hydraulique entre ces différents États, en raison de la diminution constante de la superficie du lac Tchad. En effet, de 23 000 km2 au début des années 1950, ce lac est passé à 2 000 km2 au début des années 1990. Cette tendance lourde qui a entraîné une forte concentration des pêcheurs nigérians dans le pourtour du lac, a engendré une dispute entre le Cameroun et le Nigéria à propos de la localité de Darak. Située à 35 km, en territoire camerounais, et à l’est de la frontière avec le Nigéria, cette agglomération qui compte au milieu des années 1990 plus d’une trentaine de villages d’immigrants nigérians, totalise une population de plus de 70 000 habitants. Le conflit entre les deux pays résultera donc de la décision de l’État du Nigéria de suivre l’émigration de ses ressortissants et d’étendre en territoire camerounais son administration (police, douane, armée, école, santé…) ; avec pour conséquence logique, l’intégration desdits villages dans le district de Wulgo de l’état du Borno au Nigéria. Après de multiples incidents militaires entre 1980 et 1990, aux termes desquels le Nigéria tente, sans succès, d’imposer un règlement dans le cadre de la Commission du bassin du lac Tchad, l’arrêt de la CIJ d’octobre 2002 rétrocède au Cameroun la pleine souveraineté de son domaine national de Darak. Mais cette volonté nigériane d’instrumentalisation des organisations sous-régionales, pour étendre sa zone d’influence vers l’Est, est encore plus visible dans le dispositif de la Commission du golfe de Guinée. En effet, bien que celle-ci ait été suggérée par les deux pays (le Cameroun et le Nigéria), dans le cadre de leur Commission bilatérale de 1992 ; et créée en 1999 avec pour mission principale de gérer les eaux du golfe de Guinée, le Cameroun et la RDC n’ont pu intégrer cet ensemble de six pays (Angola, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Nigéria et Sao Tomé-et-Principe), en raison de l’introduction par le Nigéria de l’article 20, stipulant que seule cette Commission est compétente en matière de différends maritimes entre États membres. Le traité étant entré en vigueur en août 2006, on comprend aisément qu’il s’agissait pour le Nigéria, en introduisant cet article, d’isoler le Cameroun, à défaut de l’empêcher de recourir à la CIJ sur le différend de Bakassi.
• Les stratégies de l’Afrique du Sud On peut distinguer une triple option politique et idéologique d’abord, économico-commerciale ensuite et institutionnelle enfin. Sur le plan idéologique, le discours sur la renaissance africaine, nouvelle tentative africaniste destinée à lutter contre l’afro-pessimisme et à redonner fierté et ambition au continent africain, est l’une des modalités de la stratégie sud-africaine. En effet, la renaissance africaine renvoie à une dynamique consistant à marquer la spécificité de l’Afrique du Sud par rapport aux Occidentaux dans le domaine des relations internationales, en privilégiant le rapprochement avec le reste du continent. C’est dans cette perspective qu’il convient de situer l’implication accrue de l’Afrique du Sud dans la résolution des conflits. Sa projection économique repose sur le déploiement de missions commerciales à travers le continent. Ces missions sont de deux types : les missions commerciales itinérantes et les missions commerciales permanentes. Les missions itinérantes sont celles menées de façon ponctuelle par des officiels gouvernementaux ou des mandataires d’organisations du secteur privé dans le continent. Lorsqu’il s’agit de missions de prospection, elles visent soit la recherche de partenaires pour les investissements sud-africains, soit l’installation de représentations locales pour des entreprises sud-africaines. Il peut aussi s’agir de simples missions de promotion ou de marketing dont l’ultime objectif est la conclusion du maximum de contrats dans le continent. Sur le plan institutionnel enfin, alors que les organismes d’extension d’influence diplomatique du Nigéria se limitent majoritairement à son voisinage immédiat, l’Afrique du Sud qui adopte la même stratégie, se projetant en profondeur, semble réussir le rêve colonial britannique de relier le Cap au Caire. Son dispositif est un mélange savant des sous-régions continentales : la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), dont elle est le membre le plus important ; l’Autorité intergouvernementale sur le Développement (IGAD), la voie de passage obligée ; la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), à qui elle soustrait deux pays (Burundi et RDC) ; et l’Union du Maghreb arabe (UMA), la cible finale. Tout ceci donne une méga-communauté sous-régionale : le Marché commun d’Afrique Orientale et Australe (COMESA) ; qui existe depuis 1993, avec la ratification par les États membres du traité de Lilongwe. Composée de 19 pays et s’étalant sur une superficie de 13 millions de kilomètres carrés, cette communauté dont l’Agence d’Investissement régional (RIA en anglais) vient d’organiser le premier forum d’investissement en Égypte (Charm el-Cheikh) en avril 2010, compte une population de 500 millions d’habitants et se présente donc aujourd’hui comme la plus impressionnante organisation économique continentale.
Conclusion
De ce qui précède, s’il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’Afrique du Sud et le Nigéria disposent de nombreux atouts, sur les plans géographique, économique, politique, stratégique, voire symbolique pour le leadership continental, en quoi ces atouts permettent-ils à l’un ou à l’autre de briguer le poste de major ?
Le Nigéria tire un mérite singulier de ses interventions et de son engagement politique et diplomatique acharné pour la libération de l’Afrique du Sud pendant les années d’apartheid. Il est considéré que le français est la plus importante langue étrangère parlée au Nigéria. Il peut donc en conséquence se prévaloir de cet atout devant l’Afrique du Sud, sachant que celui-ci constitue un facteur de communication susceptible de faciliter la pénétration de l’Afrique centrale, pour lui aussi réussir l’axe Lagos-Mombasa. Le Nigéria bénéficie d’un accès quasiment direct sur l’Afrique centrale du fait de sa contiguïté territoriale avec certains pays de cette sous-région. Il en est ainsi notamment du Cameroun et du Tchad. L’avantage économique qui en découle explique l’invasion du marché de l’Afrique centrale par les produits en provenance du Nigéria. Toutefois, dans l’appréciation de l’emprise économique du Nigéria sur l’Afrique, et bien qu’en l’absence de statistiques précises, il convient de se garder de toute démesure et d’admettre qu’en dépit de la pérennité des flux de marchandises du Nigéria vers le reste de l’Afrique, l’on observe une baisse relative de leur importance.
Sur le plan diplomatique, le Nigéria présente l’avantage d’entretenir une longue et ancienne coopération avec les pays africains. Et pendant que le Nigéria développait sa coopération avec ces pays, l’Afrique du Sud était isolée de la communauté internationale, y compris par les pays africains. Pour ce qui est des autres atouts, ils sont liés à l’importance de l’immigration nigériane dans certains pays et à son caractère ancien dans certains cas.
Néanmoins, les atouts de l’Afrique du Sud semblent plus solides. Sur le plan politique, ils renvoient au dynamisme remarquable qu’inspirent les mutations de ce pays depuis une dizaine d’années. L’Afrique du Sud étant engagée dans une compétition de leadership avec le Nigéria, le déploiement diplomatique de l’un en faveur de l’autre confère au premier un avantage comparatif sur le second. De la même manière que le Nigéria a œuvré pour le démantèlement de l’apartheid, l’Afrique du Sud s’est efforcée d’éviter au Nigéria sa mise au ban de la communauté internationale sous la présidence de Sani Abacha. L’atout diplomatique de l’Afrique du Sud découle également de ses interventions en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique dont l’action oscille entre une diplomatie morale et une offre de médiation pour accompagner les sorties de crise. L’Afrique du Sud revendique ainsi, au nom de son expérience singulière, une forme d’expertise pouvant aider les autres peuples confrontés aux mêmes types de problèmes.
Les atouts diplomatiques de l’Afrique du Sud tiennent aussi aux ambitions que le pays lui-même se fixe. Ainsi, le souci de la politique sud-africaine a toujours été – et demeure – de créer des institutions africaines qui permettent une prise de décision régionale ou continentale dans un cadre multiétatique (UA, NEPAD). Tout comme l’Afrique du Sud tire un prestige particulier dans l’organisation de grands forums internationaux. Elle a ainsi abrité en 2000 la Conférence des Nations Unies sur le sida, celle sur le racisme et la xénophobie en 2001, le premier Sommet de l’Union africaine en juillet 2002, le Sommet mondial de la Terre fin août 2002 et le plus important des sommets : la première coupe du monde de football sur le sol africain.
Le caractère symbolique constitue un atout pour ce pays, tant il est vrai qu’il exerce une forte attraction sur les autres Afriques, en alternative à l’immigration vers l’Europe. Dans un contexte africain, l’Afrique du Sud se révèle être le pays qui exhibe le meilleur potentiel et même les meilleures infrastructures. Ainsi, sur le plan économique, l’Afrique du Sud est le pays le plus industrialisé du continent ; sa première puissance. Mais ce qu’il est surtout important d’indiquer ici dans une perspective de compétition avec le Nigéria, c’est qu’alors qu’on observe une relative décrue des exportations nigérianes vers l’Afrique dans sa globalité, l’on constate plutôt une montée en puissance des produits sud-africains. Aussi, sur le plan commercial, l’Afrique du Sud prend sur le Nigéria au moins un double ascendant. Le premier tient en la qualité de ses produits manufacturés qui, en général, bénéficient d’une plus grande valeur ajoutée comparée aux produits nigérians. Le second ascendant tient aux mécanismes de distribution, car, alors qu’on observe une forte tendance à la contrebande dans les échanges commerciaux avec le Nigéria, l’on note une volonté de formalisation des échanges entre l’Afrique du Sud et le reste du continent. Lorsqu’on ajoute à tout ceci l’impressionnant marché qu’il est en train de s’offrir ans le cadre du COMESA, la question du hors-jeu de l’Afrique occidentale, dans la structuration de la puissance continentale, devient un fait, même si les deux pays sont à égalité parfaite en matière de violence urbaine.
Notes :
(1) L’Afrique du Sud est devenue le premier investisseur étranger africain en neuf ans seulement (1991-2000), avec 12,5 milliards de dollars, devant les Etats-Unis (9,2 milliards), la France (6,3 milliards), le Royaume-Uni (5,7 milliards), l’Allemagne (3 milliards) et le Portugal (1,8 milliard). Voir Hassan ZIADY : « Afrique du Sud : Pretoria à l’assaut du continent », in Eco finance, n°43, mai 2004, p. 54.
(2) « Mandela, 20 years on: Change, but for whom ? » , in NewAfrican, n°493, mars 2010, pp. 8-12.
Bibliographie
• A. Bouillon : « Les migrations africaines vers l’Afrique du Sud, de l’apartheid à Mandela : la pompe aspirante toujours discriminante », in Politique Africaine : http://www.politiqueafricaine.com/numeros/pdf/067056.pdf
• Jean-Bernard Véron : « L’Afrique du Sud et le Nigéria : du maintien de la paix à la recherche d’un positionnement stratégique sur le continent africain », in Afrique Contemporaine.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « Géopolitique des régions africaines : quel destin pour l’Afrique médiane latine ? », in Diplomatie, n° 11, Paris, 2004.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « La politique étrangère des États africains : ruptures et continuités d’une diplomatie contestée », in Revue juridique et politique des États francophones, Paris, avril-juin 2003.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « Le retour de la République démocratique du Congo et la redistribution des cartes en Afrique centrale », in Diplomatie, n° 30, Paris, février 2008.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « Les enfants soldats dans les crises africaines : entre logique militaire et stratégies politiques », in Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF, n° 222 juin 2006.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « La nouvelle posture géopolitique du Cameroun et la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée », in Terrorisme et piraterie : de nouveaux enjeux sécuritaires en Afrique centrale, CREPS-Friedrich Ebert Stifung Fondation, Yaoundé, 2010, pp. 43-89.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « Le Cameroun et le Nigéria enterrent la hache de Guerre à Bakassi : et après ? », in Diplomatie, n° 35, Paris, novembre-décembre 2008.
• Joseph Vincent Ntuda Ebodé : « Rapprochement Cameroun-Sao-Tome et Principe : les enjeux d’un réchauffement diplomatique », Enjeux, Yaoundé, n° 5, 2000.
• Politique Africaine, numéro spécial « Pax africana ? Le nouvel interventionnisme libéral », juin 2005, n° 98.
• T. L. Weiss : Migrants nigérians : la diaspora dans le Sud-Ouest du Cameroun, Paris, l’Harmattan, 1998.
Publié dans le magazine DIPLOMATIE HORS-SERIE n°12 (juin-juillet 2010). Tous droits réservés.
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